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22/12/2014

COURRIERS AUX SENATEURS

Devant la complexité d'envoi de mails à l'attention des 348 Sénateurs - puisque nous devions recopier 348 fois notre lettre - nous avons décidé le 12 décembre, de n'envoyer notre courrier qu'à deux d'entre eux, dont nous connaissions l'implication dans le tourisme.

Voici copie de la lettre-mail envoyée

Collectif Sauvons la profession  de Guides-Interprètes et Conférenciers    porte-parole : Sophie Bigogne                                                               06 82 22 74 82 

 MONSIEUR LE SENATEUR,

Monsieur, nous supposons que si vous suivez une visite guidée vous souhaitez qu'elle soit de qualité et ne pas avoir affaire au premier charlatan venu. C'est pourtant ce qui risque de se passer avec l’article 4 de la loi sur la simplification de la vie des entreprises. Cet article permettra en effet, par simple ordonnance, une déréglementation de notre profession telle qu’elle avait été envisagée dans un premier temps aux pages 71, 72 et 73 de la loi pour l’activité et la croissance.

M. Fabius rappelle avec raison que le tourisme est une industrie phare en France, qu'il est une source de revenus considérable et essentielle pour notre pays et qu'il génère deux millions deux-cents mille emplois non délocalisables.

Un guide qualifié n'est pas simplement quelqu'un qui se promène avec ses touristes ni quelqu'un qui ânonne des phrases apprises par cœur. Un guide qualifié n'est pas une personne qui se trouve un petit job d'été sur un site touristique pour gagner son argent de poche. Etre guide est un METIER qui réclame une QUALIFICATION justifiée par un DIPLOME. 

Vous savez sans doute que le tourisme en France a commencé à exploser au début des années 80, à une époque où la profession de guide venait d'être réglementée et que le guide- interprète après des études spécifiques, une enquête de voisinage et la condition d'avoir un casier judiciaire vierge, obtenait une carte professionnelle lui permettant d'exercer ce métier. Certes, les guides qualifiés ne prétendent pas être l'explication du boom touristique en France, mais en revanche ils y participent très largement. Leur professionnalisme, leur compétence et leur savoir-faire sont rarement mis en cause dans les enquêtes de satisfaction, bien au contraire !  Ils sont la vitrine de la France et donnent envie d'y revenir.

Il est évident que la préoccupation du chômage et la nécessité de le faire baisser sont des enjeux majeurs mais ce n'est pas par la baisse de la qualité et la déréglementation à ce niveau que l'on peut y parvenir, d'ailleurs de nombreux métiers dans le tourisme sont déjà ouverts aux jeunes sans qualification : accompagnateur, chauffeur de minibus touristique, etc.

Au contraire, l'effet de cette déréglementation entraînera la disparition des guides-interprètes et conférenciers français qui viendront grossir le rang des chômeurs : les touristes viendront avec leur propre accompagnateur qui aura - par simple inscription à un registre - le droit de guider en France ! Nous savons, nous, guides qualifiés, qu’il est impossible d’être tout simplement un bon guide dans tous les pays. Nous savons que c'est parce que nous vivons en France que nous sommes à même de transmettre son histoire, son patrimoine, son image et sa réalité loin des clichés et des idées préconçues.

Nous sommes souvent le seul véritable contact que les touristes étrangers ont avec notre pays.

Nous voyons déjà sur le terrain, au quotidien, les effets d'une première déréglementation 

opérée dans notre profession en 2011 à l'occasion de la fusion de plusieurs catégories de guides (conférenciers, ville d'Art de d'Histoire, interprètes...) en une seule. Il a été décidé alors que tout guide n'exerçant pas pour un opérateur de voyages et de séjours pouvait travailler sans détenir la carte professionnelle ! La conséquence : une floraison de faux guides ou « guides marrons » dont personne n’a la possibilité de vérifier les connaissances et le discours 

Où est l'intérêt de l'Etat français de laisser raconter tout et n'importe quoi à nos visiteurs, avec le risque que nos touristes aient affaire à des personnes peu scrupuleuses et le constat que se développe ainsi le travail au noir (pas de cotisations sociales, pas d'impôts) ? Nous ne comprenons pas.

Comme nous ne comprenons pas non plus pourquoi nous sommes assimilés aux professions libérales -  même si quelques guides sont payés par honoraires et d’autres sont auto-entrepreneurs – car la majorité d’entre nous exerce un travail salarié.

Ce métier, précaire, au gré des aléas économiques et politiques, des plannings et des missions qui nous sont confiées, nous l’exerçons tous avec passion.

Peut-être faudrait-il regarder du côté de l'Italie, Grèce et Espagne, pays où la défense des guides et leur métier est régie par une très sévère réglementation et qui sont et restent parmi les pays les plus touristiques. C'est la défense de la qualité qui garantira un maintien de la position de la France parmi les premières destinations et cela passe par le maintien de certaines règles nécessaires. 

En tant qu'ambassadeurs de notre pays, nous souhaiterions nous aussi être protégés par notre gouvernement et nos parlementaires afin de participer toujours plus au développement de ce secteur de l'économie. Dès lors, nous ne comprenons pas le fossé entre  les propos de M Fabius « faire en sorte que le tourisme en France devienne leader au monde » ainsi qu' un pôle d'excellence et de qualité et les actes du gouvernement.

Nous vous supplions de bien vouloir intervenir afin de ne pas faire disparaître en France notre métier, ce projet allant à l'encontre de l'intérêt poursuivi : lutter contre le chômage d'une part et améliorer la qualité de l'accueil touristique de l'autre.

L’article 4 de la loi de simplification de la vie des entreprises nous met en danger sans que cela ne réponde  aux objectifs poursuivis dans l’esprit de cette loi. Une ordonnance qui suivrait les idées des pages 71 à 73 de la loi pour l’activité et la croissance, comme cela semble être ce qui se dessine, irait à l’encontre de l’intérêt des guides mais surtout, au- delà, à l’encontre de l’intérêt national en augmentant le chômage, en diminuant les impôts et cotisations versés en France et en diminuant la qualité de l’accueil réservé à nos visiteurs.

Sophie Bigogne : porte-parole du Collectif  Sauvons la Profession de Guides-Interprètes et Conférenciers                                                       Mail : collectif.spgic@laposte.net                                                        Notre blog pour toute information complémentaire : http://collectifspgic.hautetfort.com                                                    

 

Dès le lendemain, nous recevions la réponse de l'un d'entre eux nous indiquant avoir transmis notre message au rapporteur du texte et au secrétaire de la Commission des affaires économiques. Il nous rappelait cependant, comme nous le savions déjà, que le texte (du projet de loi de la simplification de la vie des entreprises) arrivait en fin de procédure et qu'il avait fait l'objet d'un accord de la Commission Mixte Paritaire.

Nous avons également reçu réponse de l'autre Sénateur contacté nous précisant que le projet de loi de la simplification de la vie des entreprises était en procédure accélérée au Sénat (ce qui veut dire une lecture à l'Assemblée nationale, une lecture au Sénat puis réunion d'une Commission Mixte Paritaire). Ce texte avait été adopté à l'Assemblée le 22 juillet (suppression de l'article 4 que nous mentionions), puis au Sénat le 5 novembre (maintien de la suppression) et la CMP s'était réunie le 25 novembre dernier.                                                                               Le texte issu de la CMP a été adopté par l'Assemblée le 15 décembre et devait l'être au Sénat le 18 (il l'a été, de fait). Il n'y avait plus de modification possible sur le texte tel quel.

En CMP, l'article 4 a été rétabli tout en précisant son champ d'application : 

Article 4
Dans les conditions prévues à l'article 38 de la Constitution, et aux fins d'alléger les contraintes pesant sur les entreprises, le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnance toute mesure relevant du domaine de la loi aux fins de supprimer ou de simplifier les régimes d'autorisation préalable et de déclaration auxquels sont soumis les entreprises et les professionnels dans le cadre de l'exercice de leur activité, de remplacer certains de ces régimes d'autorisation préalable par des régimes déclaratifs, et de définir, dans ce cadre, des possibilités d'opposition de l'administration, des modalités de contrôle a posteriori et des sanctions éventuelles, tout en préservant les exigences de garantie des libertés individuelles, des droits fondamentaux et de la santé publique, ainsi que de protection des personnes et des données à caractère personnel.
Les régimes d'autorisation préalable et de déclaration mentionnés au précédent alinéa sont ceux qui s'appliquent exclusivement aux entreprises et professionnels et qui n'impliquent pas de demande à portée exclusivement financière.
M le Sénateur proposait d'attirer l'attention du Ministère de l'Economie sur la situation des guides-interprètes et conférenciers.
 
Suite à l'adoption de la loi sur la simplification de la vie des entreprises le 18 décembre - et de son fameux article 4 -, nous avons décidé d'actualiser, de synthétiser notre courrier (copie ci-dessous) et les 20 et 21 décembre, des membres courageux du Collectif ont organisé un mailing général aux 348 Sénateurs : 

Collectif Sauvons la profession de Guides-Interprètes et Conférenciers             Porte-parole : Sophie Bigogne                                                               Tél : 06 82 22 74 82                                                                 adresse mail du Collectif : collectif.spgic@laposte.net

 

Madame la Sénatrice / Monsieur le Sénateur 

Nous souhaitons vous communiquer notre inquiétude, maintenant que la Loi sur la simplification de la vie des entreprises a été votée.

En effet, l’article 4, que le Sénat avait supprimé lors de la séance du 4 décembre, risque désormais de nous faire disparaître, NOUS, les guides interprètes conférenciers.

Nous vous demandons donc de ne pas ratifier une ordonnance, qui du fait de l’article 4, viendrait à vous être soumise.

La France ne peut pas accepter, alors qu’elle vise à l’excellence en matière de tourisme, que les visites dans ses villes, ses monuments, ses musées, soient menées par des personnes dont la compétence, la qualité du discours, l’honnêteté (actuellement un guide en France doit avoir un casier judiciaire vierge) ne soient garanties. Or, quel meilleur moyen, qu’un diplôme et une carte professionnelle pour cela ?

De plus, dans un contexte actuel de chômage et de difficultés économiques, la disparition d’une profession ne peut pas être vue comme une solution. Or, c’est véritablement ce qui se produira si une ordonnance, reprenant les éléments que prévoyaient la loi pour l’activité et l’égalité des chances économiques sur le sujet des guides conférenciers, est ratifiée sans que les parlementaires n’y prêtent attention.

En dehors des monuments et des paysages, nous sommes l’image que nos visiteurs, nos touristes ont de la France, ne leur gâchez pas ! Laissez leur ce contact humain indispensable à la compréhension d’un pays.

Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter le blog de notre collectif « Sauvons la Profession de Guide Interprète Conférencier » collectifspgic.hautetfort.com et nous restons à votre disposition si vous souhaitez échanger avec nous.

Nous comptons sur vous.

Cordialement

Collectif Sauvons la profession de Guides-Interprètes et Conférenciers             Porte-parole : Sophie Bigogne                                                               Tél : 06 82 22 74 82                                                                   adresse mail du Collectif : collectif.spgic@laposte.net

 

 Nous espérons désespérement convaincre tout à chacun de nous protéger et non de nous faire disparaître à terme...

 

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